Comment se fait-il alors que je me baladais tranquillement dans le Revermont au belvédère de la Gizia que je me sois retrouvée devant le cimetière de Cuisia, derrière l'église Saint-Pierre ? Encore une extravagance de ma plume magique ... mais laissons-faire , elle m'a déjà emportée de si nombreuses fois à la rencontre de mes ancêtres ...
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Une femme encore jeune, toute de noir vêtue m'aborde, elle porte une coiffe noire avec des pans de tulle et a fière allure. Elle ne tarde pas à me demander d'où je viens, histoire de ne pas me demander qui je suis ! j'aurai peine à lui répondre !!!
Mais de manière fort civile elle se présente
- Claudine Mazoyer je suis la fille de Marie que l'on vient de porter en terre. Nous avons arrêté les horloges depuis hier. Mon époux et moi-même sommes venus de Sagy par la route des Tupins il y a quelques jours lorsque nous avons su qu'elle était au plus mal. Depuis la mort de mon père elle ne va pas bien, pourtant elle en a connu des deuils et des deuils !
On avait encore fêté le 1er dimanche de Carême il y a quelques jours en faisant les brandons pour purifier les champs . Elle était bien faible et Dieu n'a pas tardé à la rappeler à lui.
Des ancêtres dans ce village du Revermont, je dois en avoir à la pelle ! Mais petit à petit tout me revient en mémoire, Claudine évoque sa mère Marie Perraud mariée d'abord à Jean Claude Moissonnier avec lequel elle a eu un fils Claude Joseph décédé à Cousance à l'âge de 3 mois.
Puis après le décès de son mari elle s'est remariée avec Antoine Mazoyer un laboureur de Crotenot. A 25 ans elle avait encore toute la vie devant elle !
De ses six enfants, que des filles ! dont 2 jumelles. Seules 3 ont passé le cap de l'âge adulte . Marie, Jeanne Marie et Claudine. Et même Marie qui a eu le temps de se marier est morte à 26 ans ! puis Jeanne Marie a suivi son époux Joseph Bondon à Flacey et Claudine est partie pour Sagy avec Pierre Varenne. Oh certes, les villages ne sont guère éloignés, et le marché de Cousance tenait lieu de retrouvailles mais Marie a dû se retrouver bien seule.
Claudine Mazoyer est maintenant rejointe par la famille présente. Parmi les témoins il y avait bien sûr Pierre Varenne, le mari de Claudine mais aussi Claude Déliance l'autre gendre, veuf de Marie.
Bertrand Perraud lui aussi est présent comme témoin, un dernier hommage à sa soeur.
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En ce 16 mars 1764, cette sépulture a lieu en plein carême, d'habitude le dernier adieu à Marie aurait dû se faire à la maison, autour d'un bon repas, mais là pas question. C'est le temps de la pénitence, du jeûne et des prières ...
C'est aussi pour moi le moment de m'éclipser , laissant la famille dans la tristesse.
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