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Le souffle des ancêtres

Le souffle des ancêtres


Photographie de la famille Vincent

Publié par Elusia sur 13 Juin 2025, 15:45pm

Catégories : #Vincent

Photographie de la famille Vincent

Suite aux recherches entreprises pour raconter la vie de Marie Victorine Vincent née le 28 mai 1883 à Eclose dans ce petit village de l'Isère, les divers recensements m'ont donné envie de creuser l'histoire de cette famille au sein de laquelle je suis apparentée par Louise, la soeur de Marie, épouse d'Alexis, frère de mon arrière grand-père Francisque Brun-Buisson.  

 

Un couple du Nord-Isère

Pierre Vincent et Suzette Fayolle

 

Si la lignée de Suzanne Henriette Fayolle, dite Suzette, vient de Culin, petit village de cultivateurs, celle de son mari  Jean Pierre Vincent vient de Châteauvilain où les Vincent sont souvent maçons. Le père de Pierre est tour à tour tisserand, cabaretier, garde champêtre et a constitué par son labeur un petit pécule, une maison ? des terres ? 

Pierre est au coeur d'une grande fratrie  4 soeurs et 1 frère nés avant lui et 3 frères nés après lui. Pierre Vincent né en 1841 hérite vraisemblablement de son père et lorsqu'il se marie en 1870 il se déclare propriétaire. 

Pierre va suivre le même chemin que son père, se débrouillant dans la vie comme il peut. Par contre, il changera souvent de domicile probablement en fonction de son travail. Cabaretier à Châteauvilain, fermier aux Badinières, de nouveau à Châteauvilain comme cultivateur, puis marchand de grains à Eclose, marchand de fourrages à Jallieu. Il réside un temps à Domarin avant de se fixer à Bourgoin où il se déclare négociant lors du recensement de 1896. Dans son acte de décès à Bourgoin il est noté comme journalier. 

Pendant ce temps Pierre fonde avec Suzette Fayolle son épouse, née en 1852, une grande famille où les huit enfants naissent au gré des villages traversés. Suzette est tisseuse comme sa mère avant elle. Entre 1871 et 1891, 2 garçons et 6 filles vont occuper largement le temps et la vie de la  maîtresse de maison.

A partir de 1893 les aînés commencent à quitter le nid et vient la période des mariages. 

Pierre décède en 1900 à Bourgoin à l'âge de 55 ans et ne verra que le mariage de ces deux aînés Louise et Félix.

Suzette sera présente aux mariages de tous ses enfants et deviendra une adorable "maman Vincent" pour ses trop rares petits enfants. Elle est encore de ce monde en 1915 lors du second mariage de son fils Pierre. Puis je perds sa trace, il est probable qu'elle se soit éteinte à Bourgoin chez l'une de ses filles restée célibataire.  

 

Entre Bourgoin et Villeurbanne,

 des vies d'ouvriers  

En cette fin de 19ème siècle, la famille se stabilise à Bourgoin, ville industrieuse où l'on trouve aisément du travail et de quoi se loger. 

 

  • Louise Félicie née en 1872, tisseuse, est la première à quitter le domicile familial en 1893, elle épouse à Domarin Alexis Brun-Buisson relieur de son état. Le couple n'aura qu'une fille Lucienne Noémie décédée à l'âge de 14 ans. Après Voiron, Vienne, Bellegarde, ils se fixeront à Villeurbanne et ne manqueront pas de venir souvent voir "maman Vincent" à Bourgoin. Ils font l'objet d'un "Rendez-Vous Ancestral" .

 

  • Elle sera suivie par l'aîné Félix Célestin, journalier ou manoeuvre qui se marie à Bourgoin en 1895 avec Marie Latreille, cuisinière, une fille naturelle de Dizimieu dont la mère est domestique. Exempté de service militaire pour bronchite chronique, il ne sera pas appelé lors de la Grande Guerre. Il habitera Bourgoin où je le retrouve jusqu'en 1906. Son épouse se remarie en 1928 et je situe donc son décès avant cette date. A priori je n'ai pas trouvé d'enfants. 

 

  • Pierre Auguste, le second fils est chauffeur.  Né en 1875, il est domestique dans sa prime jeunesse puis employé. Il fait un premier mariage en 1901 avec Jeanne Badin qui se solde par un divorce en 1908. En 1912 il épouse à Villeurbanne Mathilde Marie Guillot, tisseuse. Il réside alors à Lyon.  Mobilisé en 1914 au 17ème RI , il est affecté à l'Escadron du train. Le couple s'installe ensuite à Villeurbanne où il change plusieurs fois d'adresse. Mathilde lui donne 2 filles Suzanne dont je ne sais rien et Noémie Marie Louise 1913-1917. Pierre s'éteint à Villeurbanne en 1927, c'est sa soeur Louise qui déclarera le décès.

 

  • C'est au tour de Suzanne Françoise née en 1879, de convoler avec Marius Cyrille Balachon à Bourgoin en 1902. Elle est tisseuse , lui est mouleur. Ils s'installeront en 1911 à Villeurbanne Cours Emile Zola à côté de chez Louise et Alexis. Mobilisé en 1914 Marius suite à ses qualifications est détaché dans l'industrie. Je ne leur connais pas de descendance. Suzanne meurt à l'hôpital à Lyon à l'âge de 84 ans. 

 

  • Marie Victorine , née un 28 mai, est corsetière et elle épouse Jean Paul Rayboz , employé en 1905. D'abord installés à Bourgoin, ils rejoignent l'agglomération lyonnaise où naît leur unique fils Paul puis s'installent à Villeurbanne près de Louise et Alexis. Veuve, Marie rejoint son fils dans le Var où elle décède en 1970 à l'âge de 87 ans. Voir ici le post qui lui est consacré
  • Les deux autres filles restées célibataires Françoise Séraphine et Félicie Célestine s'établissent à Bourgoin. Les métiers du textile ont de quoi les occuper et les faire vivoter. Séraphine est tisseuse chez Diederichs. Elle décède à 93 ans en 1974 à Bourgoin, tandis que Félicie meurt à 76 ans en 1967 à Ruy, dans la commune voisine.  Voir ici le post qui les concerne dans le cadre du Généathème de juin..

 

Une bien rare descendance

 

Parmi les 4 petits enfants  de Pierre Vincent et de Suzette Fayolle, un seul survivra et fera sa vie d'adulte , c'est un garçon Paul Reyboz qui sera mécanicien, se mariera et s'éteindra en 1996. 

Parmi les filles je crois qu'aucune ne franchira l'âge adulte. La fille de Louis et Alexis, Lucienne Noémie, souvent malade et dont la mère consulte des médecins sur Lyon s'éteint à l'âge de 14 ans. Aucune information sur Suzanne fille de Pierre Auguste et de Marie, la seconde Noémie Marie Louise décède à 4 ans à l'hôpital de Villeurbanne. Maladies héréditaires ? mauvaises conditions de vie ? 

Par contre tous les parents, notamment les femmes, bénéficieront d'une vie assez longue. 

Villeurbanne - Recensement de 1936 au 183 Cours Emile Zola

 

En conclusion 

 

Alors que les familles rurales étaient plutôt des familles nombreuses, bien établies dans un terroir, cette nouvelle génération qui aborde le 20ème siècle se marie et divorce. Hommes et femmes travaillent en usine, changent de patrons et de logements au gré des situations. 

Tous les enfants de Pierre Vincent et de Suzette Fayolle travaillent et sont à classer dans la catégorie des ouvriers. Ils changent souvent d'employeurs selon  les salaires proposés. Ils sont aussi très mobiles en ce qui concerne leur habitat et sans doute vivent ils dans ce qu'on appelle les garnis. Les enfants sont restés semblent ils très unis, se retrouvant lors des mariages et autres fêtes. Si Bourgoin est un point de ralliement notamment chez leur mère restée veuve, les enfants mariés se regroupent à Villeurbanne et plus particulièrement Cours Emile Zola où 4 des couples résident faisant jouer la solidarité familiale en cas de coups durs. 

Ce type de trajectoire familiale se retrouve souvent parmi mes ancêtres de la branche paternelle qui en cette période de révolution industrielle rejoignent les lumières de la ville ...

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