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Le 5 de chaque mois, nous partons à la recherche sur notre arbre d'un "rameau caché" un patronyme isolé porté seulement par quelques personnes ... histoire de lui redonner vie ... |
S'il est un rameau bien caché tout en haut de mon arbre c'est celui de ma sosa 57, à savoir l'arrière grand-mère maternelle de ma grand-mère : Madeleine Peretti. De quel bois était elle faite ? châtaignier ? hêtre ? frêne ? je pencherai pour le châtaignier autrefois appelé l'arbre à pain, "l'albero di pane" qui a longtemps constitué la base de l'alimentation dans les montagnes du Canavese, et qui était utilisé pour sa farine, pour se chauffer, pour se soigner et tanner les peaux.
C'est la seule dans mon arbre à porter ce patronyme et pour encore longtemps vu que je n'ai pas d'accès numérique aux Archives italiennes et que bien que j'aille souvent sur le "Portale Antenati", rien ne bouge ...
Car Magdalena Peretti est née dans le Piémont où jusqu'en 1865 les actes civils relevaient des paroisses. Et même le fonds "Atti dello stato civile napoleonico" qui pourrait m'être utile ne concerne que les communes de la circonscription de Turin.
Pour retracer la vie de Madeleine Peretti, il faut donc compter sur les éléments concernant son fils. Et le seul acte en ma possession est son acte de mariage le 1er avril 1856 à l'église Saint-Vincent d'Eloise qui de fait nous apporte de précieux renseignements.
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Il y est dit que Jean Baptiste Louis Vasetto
- est âgé de 27 ans
- qu'il est natif de Valperga
- qu'il demeure à Priace, Ivrée
- que son père est feu Faustin Vasetto
- que sa mère Madeleine Peretti réside à Priace, Ivrée et qu'elle a donné son consentement pour ce mariage.
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Ivrea , située sur les rives de la Doire Baltée, est considérée comme la capitale d'une région historique le Canavese. Ivrea fut souvent prise et reprise par les armées françaises. En 1802 la ville devient même préfecture du département français de la Doire. Elle est rendue au Piémont en 1814.
C'est pendant cette période française (vers 1805) que naissent Faustin Vasetto et Madeleine Peretti.
Le lieu de résidence de la famille est Priace.
Aujourd'hui Priacco est un hameau de la commune de Cuorgnè situé sur la rive gauche d'un torrent l'Orco. Du fait de sa situation Priacco a toujours appartenu à la province et au diocèse d'Ivrea. Une trentaine de kilomètres séparent les deux villes. A Priacco l'église paroissiale en dehors du centre ville est dédiée à San Faustino. Dans l'est du village, sur une colline, se trouve le canton de Vasetto.
Ces informations tendent à confirmer que la famille Vasetto est bien originaire de Priacco.
Leur fils Jean Baptiste Louis naît pour sa part à Valperga en 1829, a-t-il été baptisé à l'ancienne église San Giorgio ? car c'est seulement en 1831 qu'a été terminée l'église paroissiale Santissima Trinità. L'activité religieuse de cette cité est grande puisqu'elle abrite aussi le Mont Sacré de Belmonte, un sanctuaire qui surplombe Valperga.
Lorsqu'il arrive à Eloise après sa désertion de l'armée de Charles Albert de Savoie, prince du Piémont et roi de Sardaigne, autour des années 1850 quelle langue parle-t-il ? Probablement le piémontais. Eloise, petit village des Etats de Savoie est sous domination sarde et appartient lui aussi au Royaume de Piémont Sardaigne, tout comme la province d'Ivrea et la ville de Priacco. Des deux côtés des Alpes plusieurs langues voisines cohabitent le français, le piémontais, les patois savoyards et vaudois et peut être se comprenait il grâce à l'arpitan cette langue franco-provençale qui faisait le lien des deux côtés des Alpes.
Madgalena Peretti et son époux Faustino Vasetto vivent alors à Priacco qui est une petite commune agricole du Canavese.
La région fait face fréquemment aux crues de l'Orco, ce torrent , affluent du Pô, qui dévale du massif du Gran Paradiso et ils auront certainement connu la crue du 13 août 1850 qui a détruit des habitations et causé la perte de vies humaines.
La population vit de l'agriculture, et c'est ici que se sont installées les premières filatures de soie et de coton, prémices de la transformation industrielle de la région. Les mines de cuivre sont nombreuses. L'artisanat du bois et du cuivre est prépondérant et fait vivre de nombreux foyers, artisans et chaudronniers partent en itinérance dans les vallées. La vie est rythmée au fil des saisons, à l'automne de nombreux artisans quittent les hameaux de montagne pour des travaux saisonniers vers Vercelli, les rizières de la plaine du Pô ou vers la France pour revenir au printemps. Beaucoup aussi tentent leur chance en devenant orpailleur car l'Orco - Eva d'òr en piémontais - recèle de paillettes d'or.
Lorsque leur fils était en France (de l'autre côté du Rhône en face d'Eloise où il aurait pu être reconnu comme déserteur) il a travaillé en tant que mineur dans les mines d'asphalte, j'en conclus que c'est un métier qu'il devait connaître et peut être son père Faustino était il mineur de cuivre.
En 1856 si Faustino est déjà décédé pour le mariage de son fils, Madeleine Peretti est encore bien vivante. Etait - elle présente physiquement à la cérémonie ou a-t-elle juste donné son consentement par écrit ? Cela reste flou.
Voilà tout ce que je sais de cette aïeule piémontaise, ma sosa 57.
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